Je n’arrive pas à tourner la page après la perte de mon bébé. Est-ce normal ?

Hands holding a white knitted baby hat with a blue ribbon

Si vous êtes en train de lire ces lignes, il y a de fortes chances que votre cœur porte une blessure invisible.

Une blessure dont on parle encore trop peu.

Une blessure que beaucoup ne comprennent pas.

Peut-être avez-vous perdu votre bébé il y a quelques semaines. Peut-être quelques mois. Peut-être plusieurs années.

Et malgré le temps qui passe, vous avez parfois l’impression que la douleur est toujours là.

Alors une question revient souvent :

« Pourquoi je n’arrive pas à tourner la page ? »

J’aimerais vous répondre tout de suite.

Non.

Vous n’êtes pas anormal.

Non.

Vous n’êtes pas faible.

Et surtout, non.

Vous n’avez pas à tourner la page.

La phrase qui fait mal

Après un deuil périnatal, les parents entendent souvent des phrases prononcées avec de bonnes intentions :

« Tu es jeune, tu en auras d’autres. »

« Il faut avancer maintenant. »

« La vie continue. »

« Tu dois tourner la page. »

Ces mots peuvent être extrêmement douloureux.

Parce qu’ils donnent l’impression que l’amour que vous portez à votre enfant devrait avoir une date d’expiration.

Comme si le temps pouvait effacer son existence.

Comme si votre bébé n’avait été qu’un projet.

Mais vous le savez.

Votre bébé a existé.

Il a déjà une place dans votre histoire.

Dans votre famille.

Dans votre cœur.

Et cette place ne disparaîtra jamais.

On ne tourne pas la page d’un enfant

Imaginez un livre.

Votre vie est un immense livre composé de centaines de chapitres.

Le chapitre de votre grossesse existe.

Celui de votre accouchement existe.

Celui de votre bébé existe.

Le chapitre de sa mort existe aussi.

Tourner la page signifierait refermer ce chapitre définitivement.

Mais lorsqu’il s’agit de son enfant, ce n’est pas ainsi que fonctionne le cœur humain.

Nous n’oublions pas.

Nous apprenons à vivre avec.

Nous apprenons à porter l’absence.

Nous apprenons à aimer autrement.

Le véritable chemin du deuil n’est pas de tourner la page.

C’est d’apprendre à écrire les suivantes.

Une douleur que la société peine encore à reconnaître

Le deuil périnatal possède une particularité douloureuse.

Souvent, très peu de personnes ont connu votre bébé.

Parfois personne.

Pas de souvenirs partagés.

Pas de photos de famille.

Pas d’anniversaires vécus ensemble.

Et pourtant votre amour est immense.

Vous avez rêvé de cet enfant.

Vous lui avez parlé.

Vous avez imaginé son visage.

Vous avez choisi un prénom.

Vous avez préparé son arrivée.

Vous avez créé un lien.

Ce lien est réel.

Même si votre bébé n’a vécu que quelques semaines dans votre ventre ou quelques heures dans vos bras.

La société a parfois du mal à reconnaître cette réalité.

C’est ce qui peut renforcer le sentiment d’isolement.

Le temps ne guérit pas tout

On entend souvent que le temps guérit les blessures.

Je crois plutôt que le temps nous apprend à les apprivoiser.

Certaines dates resteront sensibles.

La date prévue d’accouchement.

La date du décès.

Les fêtes de famille.

Les annonces de grossesse.

Les rentrées scolaires.

Les anniversaires.

Et c’est normal.

Cela ne signifie pas que vous reculez.

Cela signifie simplement que l’amour est toujours là.

Pourquoi certaines personnes semblent aller mieux plus vite ?

C’est une question que beaucoup de parents se posent.

Pourquoi cette maman semble avoir retrouvé le sourire ?

Pourquoi ce papa paraît moins affecté ?

Pourquoi moi je souffre encore autant ?

Parce que chaque deuil est unique.

Parce que chaque histoire est différente.

Parce que chaque personne possède sa manière d’aimer.

Et donc sa manière de pleurer.

Il n’existe aucun calendrier universel du deuil.

Aucune échéance.

Aucun délai officiel.

Vous avez le droit d’aller à votre rythme.

Les montagnes russes émotionnelles

Certaines journées semblent presque normales.

Puis soudain une chanson.

Une odeur.

Une date.

Une photo.

Et tout remonte.

Les larmes.

Le manque.

La colère.

La culpabilité.

L’incompréhension.

Cette alternance est fréquente.

Le deuil n’est pas une ligne droite.

C’est un chemin sinueux.

Parfois lumineux.

Parfois obscur.

Parfois les deux dans la même journée.

La culpabilité : cette invitée dont personne ne veut

De nombreux parents portent une culpabilité immense.

« J’aurais dû voir quelque chose. »

« J’aurais dû consulter plus tôt. »

« Mon corps a échoué. »

« Je n’ai pas su protéger mon bébé. »

J’aimerais que vous lisiez attentivement cette phrase.

Vous avez fait de votre mieux avec les informations dont vous disposiez à ce moment-là.

La culpabilité cherche souvent à donner une explication à l’inexplicable.

Mais elle ne reflète pas toujours la réalité.

Vous méritez la même compassion que celle que vous offririez à une amie vivant la même épreuve.

Peut-on être heureux à nouveau ?

Cette question est souvent murmurée.

Parfois avec honte.

Comme si retrouver le bonheur revenait à trahir son enfant.

La réponse est oui.

Vous pouvez rire à nouveau.

Vous pouvez aimer à nouveau.

Vous pouvez faire des projets.

Vous pouvez connaître des moments de joie.

Et cela ne diminue en rien l’amour que vous portez à votre bébé.

L’amour n’est pas un gâteau que l’on partage en parts limitées.

Le cœur humain est capable de porter à la fois l’amour et la douleur.

La mémoire et l’espérance.

L’absence et la vie.

Ce que votre bébé laisse derrière lui

Lorsqu’un bébé meurt, il laisse malgré tout une empreinte.

Invisible.

Mais profonde.

Il transforme souvent notre regard sur la vie.

Sur le temps.

Sur l’amour.

Sur les priorités.

Sur les relations humaines.

Bien sûr, personne ne choisirait ce chemin.

Personne.

Mais nombreux sont les parents qui témoignent qu’après des années, leur enfant continue de guider certaines de leurs décisions.

Comme une présence discrète.

Comme un amour devenu autrement.

À vous qui lisez ces lignes

Peut-être êtes-vous fatigué.

Peut-être avez-vous pleuré aujourd’hui.

Peut-être que personne autour de vous ne comprend vraiment ce que vous traversez.

Alors j’aimerais vous laisser avec ceci.

Votre bébé compte.

Son histoire compte.

Votre douleur compte.

Votre amour compte.

Vous n’avez pas besoin d’oublier pour continuer à vivre.

Vous n’avez pas besoin de tourner la page pour avancer.

Vous pouvez continuer votre chemin en gardant votre enfant dans votre cœur.

Pas derrière vous.

Avec vous.

Toujours.

Et si aujourd’hui est une journée difficile, rappelez-vous simplement ceci :

Vous n’êtes pas seul.

Vous n’êtes pas seule.

D’autres parents comprennent ce que vous ressentez.

Et ici, sur Mam’Ange, vous trouverez toujours un espace où votre histoire a sa place.

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